Tout a commencé l’été dernier quand le producteur J.J. Abrams (producteur de nombreuses séries, dont Lost et Alias) a lancé une bande annonce inattendue, énigmatique et anonyme avant le film Transformers. La vidéo montre une vingtaine de jeunes New Yorkais dont la petite fête est interrompue par ce qui semble être une attaque sans précédent sur la ville, par ce qu’on devine être un monstre.
Il n’en fallait pas plus pour qu’internet s’empare du phénomène et créé le buzz autour d’un film, dont personne ne savait vraiment grand chose. Rien de tel pour faire monter la sauce, et provoquer l’impatience du spectateur ! A croire que la stratégie marketing à marché sur moi, car j’en sors à peine. L’avantage c’est que je n’ai pas eu à attendre le 6 février pour la sortie française. Verdict ? Cloverfield est un OVNI, à tous points de vue.
Début du film, écran noir pendant 30 secondes. On assiste à la projection d’une vidéo amateur retrouvée dans une zone anciennement appelée Central Park. Dès le début, on est captivé par la réalisation. Tout est filmé “au poing”, à la manière du Projet Blair Witch. Ça fait un peu tourner la tête au début, car à mon avis le réalisateur à trop voulu accentuer l’effet “caméscope”. C’est pas parce qu’on a une DV dans la main qu’on est obligé de cadrer comme un pied ou zoomer-dézoomer sans arrêt ! Dans l’action, je veux bien, mais c’est insupportable dans le premier quart d’heure où le gentil rouquin filme un peu tout et n’importe quoi pour nous planter le décor et nous présenter ses amis. C’est de loin la partie la plus chiante du film. La seule peut-être.
Ensuite, tout s’accélère. De grosses explosions (celles de la bande annonce) lancent l’intrigue et nos amis commencent à halluciner lorsque la tête de la Statue de la Liberté atterrit en pleine rue. Commence alors une course contre la montre pour échapper à cette “attaque” dont personne ne sait grand chose.
Je ne vous dirai pas à quoi ressemble ce monstre, ni même s’il y en a plusieurs, là n’est pas l’intérêt. Ce qui est captivant justement, c’est que le spectateur n’en sait pas plus que ce groupe. On assiste, impuissant, à une attaque aussi violente qu’inattendue, et découvre petit à petit à quoi la ville fait face, au détour d’une télé dans une boutique ou du passage furtif d’une silhouette entre deux immeubles. C’est évident que Cloverfield fait ressortir les vieux démons du 11 septembre. Même si l’attaque en elle même est bien différente, on comprend la détresse qu’ont pu ressentir ceux qui se trouvaient dans Manhattan ce jour là.
Ce que j’ai moins aimé. Le film reste une production américaine, et vous pouvez vous attendre à un déluge d’effets spéciaux. En soit les effets sont réussis, mais passé un certain moment, je trouve qu’il y a trop de plans de “ce” qui provoque cette attaque. Là où tout est dans le suggéré au départ, le film perd un peu son caractère angoissant quand on voit de plein pied la bébête. Il fallait aussi plaquer une histoire d’amour là dessus, et c’est un peu autour de ça que va se baser toute l’aventure, on s’en serait bien passé. Enfin, les “placements de produit” tout au long du film ne sont vraiment pas discrets : une longue pause devant le magasin Sephora avec gros plans répétés sur l’enseigne, l’utilisation outrancière d’un portable Nokia (avec une histoire de batterie uniquement là pour montrer la marque) et arrêt dans le métro devant une pub, braquage d’un distributeur Mountain Dew avec un long plan sur le logo de la boisson, etc.
Mais au final, le film vaut vraiment le coup. La réalisation est très originale, et on est scotché à son siège du début à la fin. Pour vous dire, je me suis posé dans le ciné et je n’ai même pas pris le temps d’enlever mon manteau ou mon écharpe tant je ne voulais pas rater une minute de cette histoire incroyable. J’ai d’autant plus apprécié que je ne voyais pas la ville de la même manière puisque j’étais à New-York il y a quelques jours. Ce Cloverfield aura certainement le succès qu’il mérite !
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le Mercredi 23 janvier 2008 à 18:02
Merci pour ce compte-rendu !
le Mercredi 16 décembre 2009 à 20:35
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