Tadoussac, Québec & Co : le retour À quand l’eau en poudre ?
sept 19

L’avantage d’être étudiant icitte, c’est que les semaines de cours sont assez light (ou plutôt diète comme on dit ici). Et la semaine de quatre jours, ça laisse du temps ! Et comme je ne suis pas seul dans mon cas, on a décidé de partir à l’aventure à sept. Parce que plus on est de fous, plus on rit, et moins on paye cher.

Voilà la fine équipe : les quatre frenchies importés de Lyon, plus un trouvé au passage, un parisien (il va apprécier) rencontré il y a quelques jours et un allemand lui aussi fraîchement débarqué. Tout ce beau monde embarqué dans notre bolide loué pour l’occasion, et nous voilà partis pour 72h vers le Nord, le long du St-Laurent, sans se douter de ce qui nous attend…

Voici le récit de nos aventures…

Vendredi 14 septembre

Départ à 6h00 de Montréal, la tête dans le guidon. Marie décide de prendre les commandes, avec un peu de mal au début. Forcemment, conduire un “gros char” avec une boîte automatique c’est pas évident tout de suite. Cap sur Québec, la capitale du… Québec.

Pour la plupart, c’est une découverte. Pour moi, ça me replonge dans des vieux souvenirs, puisque j’étais déja venu il y a de ça 10 ans. Et bien rien a changé ! J’ai retrouvé le château Frontenac (le contraire eut été surprenant), la citadelle, les calèches dans les rues… et même le resto Saint-Cochon.

C’est aussi l’occasion de visiter des lieux typiques : la plus vieille rue du Canada, la promenade au plancher de bois, les fortifications de la ville, le Mc Do’ du coin…

Il est temps de reprendre la route, car il n’y a plus de sous dans le parcmètre. Direction Bergeronnes, 300 km plus au Nord. Bergeronnes, c’est tout près de Tadoussac. Et Tadoussac est mondialement connu pour ses baleines, qui viennent chercher le krill (qui lui aussi aime Tadoussac) !

J’ai eu la bonne idée d’emmener mon GPS, ce qui facilite pas mal les choses. En principe. Parce que, préocupés par le paysage, on a suivi aveuglément Brigitte qui nous invitait à remonter le fleuve par la côte Est. Après quelques heures de route, nous nous retrouvons donc a Tadoussac… mais du mauvais côté du Saint-Laurent ! Pas grave, “il doit bien y avoir un pont”. Ce qu’il faut savoir, c’est que le fleuve ne fait que quelques centaines de mètres de large à Québec, mais qu’à Tadoussac, c’est 30km ! C’est d’ailleurs pour ça que les baleines apprécient…

Le seul moyen de “crosser” le fleuve c’est à la nage (à oublier dans une eau à 4°C) ou par bateau. Sauf que des bâteaux, à Rivière-du-Loup (en face de Tadoussac), il n’y en a plus… Résultat, on rebrousse chemin vers Québec, pour pouvoir passer de l’autre bord ! Au passage, on fait le plein. La voiture tourne à l’ordinaire, nous à la Molson Dry. L’ambiance à bord est délirante, on commence à se demander si on pourra dormir quelque part. Mais c’est pas grave, les plans à l’arrache c’est toujours ceux dont on se souvient !

Il est presque minuit, on arrive à Bergeronnes. Au départ, on était sensés faire du camping au bord du fleuve. Mais vue l’heure, on se demande comment on va récupérer nos tentes et les infos pour s’installer. On arrive au restaurant où on est supposé récupérer le matériel. Mais… personne. Juste un mot nous invitant à aller chez Kristine, ce que nous faisons. C’est hallucinant quand même, elle nous a attendu toute la soirée, sans savoir si on arriverait un jour.

Nous voilà donc partis en direction du camping. Attention, il y a “camping” et “camping”. Nous, on a choisi la version minimaliste et écolo. Pas de lumière, des toilettes sèches, des plate-formes sur les rochers à 10m du fleuve. Sympa ! Moins quand on doit monter trois tentes en pleine nuit, trouver du bois, le tout éclairé par une lampe à $1 qui fatigue un peu ! Regardez la tête de la tente le lendemain matin, vous comprendrez comme on a galèré.

Samedi 15 septembre

Le lendemain matin, on se fait réveiller par la pluie. Par LA pluie. Pas la petite pluie qui rafraîchit l’atmosphère, non. Plutôt celle qui rentre dans la tente et dans le sac de couchage ! Panique à bord, on rassemble ce qui est encore sec et on sort. Et là, le paysage est magnifique. On aperçoit quelques baleines, dans la brume. Je vous laisse regarder les photos (pas de baleine malheureusement).

Il est 7h20, c’est l’heure d’aller chasser la baleine ! La encore, on a voulu faire original, en troquant le bateau a touristes contre des kayaks. Ça semblait être une bonne idée sur le papier, sauf que sous une pluie battante, ça paraît tout de suite moins l’fun. Peu importe, on est venus pour ça alors on enfile les combinaisons trempées (et les chuyos péruviens) et on plonge. Finalement, avec notre combinaison le froid ne se fait pas sentir. On pagaye dans le brouillard, accompagnés d’Alexandre notre guide. Le spectacle est sublime, le temps semble s’arrêter. On entend quelques souffles au loin, et on commence à apercevoir des dos de baleines qui prennent leur respiration. On voit des petits rorquals, des marsouins, et plein de phoques qui nous regardent passer, aussi étonnés que nous !

Puis, le meilleur souvenir du week-end. On pagaye tranquillement avec Angie, et tout à coup une baleine surgit juste devant le kayak, à moins d’une dizaine de mètres. Impossible de bouger, tant nous sommes surpris. Elle replonge au bout de quelques secondes. Là, le temps est long, on se demande si elle va ressortir sur nos kayaks ! Finalement elle ressort derrière le reste du groupe. Un instant magique, difficile à décrire. Disons que face à une bête pareille, on se sent tout de suite insignifiant !

L’après midi, direction Tadoussac, où un certain Jacques Cartier a jeté l’encre en 1535, saisi par la beauté du Fjörd du Saguenay. Nous, nous avons surtout été saisis par la pluie, donc la visite a été courte. Après une brève balade en bord de mer (de fleuve en fait), on visite la plus vieille église en bois de l’Amérique du Nord. Malheureusement je ne suis pas allé voir l’ancienne maison que mon Grand-Père, passionné par Jack London, avait construit ici.

Le soir, on trouve un Motel à $16 la nuit, pour sept. Avec un coeur accroché à la porte, et une bible sur la table de chevet !

Dimanche 16 septembre

Après un petit déjeuner chez Monsieur Donald où on déguste un bon burger au pâté de saucisse et au sirop d’érable (ça fait rêver, hein !), direction les chutes de Montmorency, à deux pas de Québec. La rivière Montmorency est un affluent du Saint-Laurent, et elle s’y jete par une chute de 83 mètres, soit 30 de plus que celles du Niagara.

Pour atteindre le sommet, c’est par le téléphérique, ou les 478 marches. On a pris la deuxième option. Voilà une petite vidéo, qui montre bien la puissance de mère Nature :

Et quelques photos :

Détour ensuite par l’île d’Orléans, considérée comme le plus ancien lieu de peuplement de la Nouvelle-France. L’île a été découverte (après les amérindiens) et nommée par devinez qui… Jacques Cartier ! L’île est en tout cas très jolie, on y trouve des maisons typiques, des vignes (si, si) et des églises. Dont une très surprenante, avec des ventilateurs au plafond et une horloge près de l’Autel !

En fin d’après midi, en route vers Saint-Tite, un petit village perdu au milieu de la campagne, mais facilement repérable par les bouchons (les congestions pour les Québécois) que forment les camping-car qui en sortent. Le village organise tous les ans le Festival Western, qui a rassemblé cette année pas moins de 500,000 personnes. Au programme : rodéo, country music et spectacles en tous genres. Voilà un vrai cow-boy :

Il y a des stands partout, et je pense que c’est l’endroit au monde où vous trouverez la plus grande concentration de chapeaux de cow-boy au m². Un grand plongeons dans l’Amérique profonde !

Il est temps de rentrer vers Montréal. On a mal aux bras (merci le kayak) mais la tête pleine de souvenirs. Voyager à sept, c’est vraiment sympa, encore plus quand on doit mixer entre l’anglais et le français tout le week-end. On ne sait pas encore où, mais c’est sûr on va repartir !

Pour finir, quelques photos de la dream-team, et les restes :

10 réponses à “Trois jours sur les rives du Saint-Laurent (et pas toujours du bon côté)”

  1. Guillaume à dit :

    C’est cool les grands treks, non :) ? Les galeres, les rates, les instants magnifiques, les fou-rires, je trouve ca genial aussi.
    J’aurais bien aime voir le festival de country, ca devait etre assez marrant.

    ¨Parce que plus on est de fous, plus on rit, et moins on paye cher¨ => Pourquoi cela ne m’etonne-t-il pas ?
    Mais sept personnes, ca fait quand meme beaucoup. Par experience, je pense que trois ou quatres personnes est un bon nombre…

  2. Le Lynx à dit :
    lol. En fait en écrivant je savais que ça allait te faire réagir !

    Sinon, j’ai pas trouvé que sept était trop. La première semaine à Montréal on avait visité pas mal de choses à quatre. Mais à sept, c’est autre chose, t’as vraiment une ambiance de groupe. C’est parfois le bordel, mais c’est ça qui est bien !

  3. Marie à dit :

    Encore plus radin que radin…

    On a foutu le bordel à 7 ? J’m'en suis pas rendue compte… :)

  4. Le Lynx à dit :
    Ce que je veux dire, c’est que c’est plus galère pour trouver des hotels, etc… quand on est 7 qu’à trois ou quatre. Idem pour la voiture. Mais bon grâce à nos super organisatrices on s’en est bien tiré !
  5. Marie à dit :

    Voui voui ! Et les “petits” contre temps ont mis un peu de piquant dans le week end ;)

    Mais 7, c’est un bon chiffre. Pour la voiture déjà. C’est juste plus délicat à héberger tout ce p’tit monde. Mais c’est largement gérable.

  6. Delph à dit :

    Bah moi aussi j’en viens… bon ok j’étais pas avec vous mais je viens de voir les chutes de Montmorency et les baleines du St Laurent dans l’Interlude de France 5… ok c’est pas pareil !
    Sinon cet hiver faites-vous un week-end ski et “glissades sur tubes” et “planches à neige” aux Laurentides, avec soirées bonne bouffe dans les cabanes à sucre… paraît que c’est l’fun!

  7. Julien à dit :

    Hello maudits frenchys !!!!
    Ce résumé de ces quelques jours donne vraiment envi de venir faire ce genre d’escapade !!!! Qui sait peut etre cet été ?
    Hé ! j’viens de remarquer qu’il y a pas de plaques à l’avant de votre char !!!! HAN ! J’vais t’y mettre un ticket !!!!! En plus vous auriez pu prendre le model avec les spinazes… bouh ! la loose !!!
    @ ;-)

  8. Le Lynx à dit :
    On t’accueille quand tu veux : si t’as le dos solide et que tu aime dormir sur les tapis, you’re welcome ! Ca dort sur quoi une grenouille ?
  9. Jérémie à dit :

    Bonjour !
    Je viens d’un village près de Rivière-du-loup, et contrairement à ce que vous dites, il y a un traversier (ferry) entre Riviere-du-Loup et l’autre rive, à Saint-Siméon cependant, pas à tadousac…

  10. Le Lynx à dit :
    @Jérémie : Bienvenue sur mon modeste blog, je suis ravi d’avoir des réactions de “vrais” Québécois !

    Effectivement il y a un traversier, mais grâce à notre excellente planification, nous sommes arrivé 30 minutes après le dernier départ… pas d’autre choix que de rebrousser chemin pour traverser à Québec. Un moment mémorable en tout cas, c’est certain que je me souviendrai de Rivière-du-Loup toute ma vie !


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